CUSCENZA VIVA


Cumitatu di Sustegnu



Communiqué Cuscenza Viva du 2 février 2008

Nous apportons notre soutien à Félix Benedetti et Anthony Bozzi, militants du rinnovu, incarcérés après la manifestation du 12 janvier d’ Aiacciu.
Le rapprochement des détenus politiques en Corse reste un sujet tabou pour l’état français qui nie le vote à l’unanimité de l’assemblée de corse sur ce sujet, prétextant l’absence de structures adaptées, de places, en excluant de façon discriminatoire le rapprochement des condamnés au pénitencier de casabianda.
L’état français punit aussi les familles des militants condamnés à l’exil.
Nous attendons de mesurer l’ampleur de l’engagement des élus sur un problème aussi sensible.
Sauront-ils capables au-delà des clivages de faire respecter leurs décisions ?
Dans le cas contraire, nous sommes en droit de nous interroger sur les responsabilités réelles ou feintes concernant les décisions prises au sein de cette institution .

Salutemu a memoria d’Antone Valentini, omu di stintu e di cuscenza.

communiqué manifestation du 12 janvier 2008

CUSCENZA VIVA communique et vous prie d’insérer :

Le peuple corse dans son ensemble ne peut qu’accéder à la conscience nationale en réaction aux attaques multiples qu’il subit de la part de l’appareil politico-policier français : la répression s’intensifie, le délit d’opinion est légalisé !
Notre réponse doit être claire ; nous n’acceptons plus d’être ostracisés et fichés génétiquement sur notre propre terre ; nous refusons d’être le laboratoire de la politique sécuritaire instaurée par le pouvoir en place ; nous exigeons un statut politique pour les résistants emprisonnés et leur mise en liberté.
Face aux forces d’occupation et aux collaborateurs qui bafouent les principes mêmes des droits de l’homme, nous manifesterons le 12 janvier à Ajaccio, sous le mot d’ordre "Resistenza è libertà" !

Note de cuscenza viva: en comparant avec le communiqué paru dans la presse le mardi 8 janvier, vous pourrez constater que les ciseaux du censeur ont fonctionné.

Réaction aux propos tenus par Maître Gilles Simeoni lors procès Yvan Colonna



Que pouvions nous espérer du procès d’Yvan Colonna ? Que pouvions-nous attendre d’un procès instruit à charge dès le début par des juges d’exception, un procès mené et conclu par des magistrats d’exception d’une cour d’assises spéciale ?

Comment prouver l’innocence d’Yvan Colonna dans un tel contexte ?
Car Yvan Colonna est innocent ! Plus encore que toutes les déductions et plaidoiries de ses avocats au cours des débats, les déclarations de maître Gilles Simeoni, à l’issue de ce procès très médiatisé, le prouvent.
Les propos tenus par maître Simeoni au sujet des membres du commando Erignac et de leurs actes sont suffisamment probants ; ses sentences, si elles sont validées par son client, témoignent si besoin était qu’il existe une réelle fracture idéologique entre Yvan Colonna et les auteurs de l’assassinat du Préfet Erignac. Cette réalité tangible atteste qu’il ne peut y avoir de connivence entre ces hommes.

Un homme innocent condamné est un martyr. Pour convaincre les magistrats était-il nécessaire de calomnier ceux qui ont commis un acte dans le cadre de la lutte de libération nationale ? En assumant cet acte, les membres du commando ont toujours affirmé qu’ils avaient pris pour cible le plus haut représentant de l’état en tant que symbole de la présence coloniale française.

Tous les observateurs ont souligné la dignité qui a prévalu lors de la tenue des débats.
A la fin de sa plaidoirie, Maître Simeoni a négligé cette dignité ; il a chargé de tous les pêchés des hommes qui ont reconnu leurs responsabilités dès le début de cette affaire et qui ont été lourdement sanctionnés par cette même justice d’exception.
Ainsi, il condamne l’acte et les auteurs sans discernement.

Maître Simeoni, aidé par les medias, a interprété arbitrairement les déclarations et les attitudes des témoins à la barre et fait jouer un rôle peu glorieux aux membres du commando et à leurs épouses.
Ses déclarations sont parfaitement injustes et surtout indécentes.
Comment a-t-il pu occulter les conséquences humaines induites par cet évènement, comment a-t-il pu oublier les personnes et les familles durement touchées par ce drame ?

Les assertions de l’avocat sont d’autant plus irréelles, qu’il entame une carrière politique comme le prouve sa récente candidature aux élections législatives. Dans un contexte difficile, où seule l’unité du mouvement national dûment affirmée par la volonté du peuple corse peut nous faire sortir de l’impasse politique et de la violence qu’elle engendre, il est étonnant de constater qu’un des acteurs de ce même mouvement s’ingénie à souffler sur les braises de la discorde.

Pour notre part, nous continuerons à œuvrer pour qu’un jour, tous les prisonniers politiques, sans exception, soient accueillis en hommes libres dans leur pays enfin libéré.
Pour ce faire, nous n’avons nul besoin de jeter l’opprobre sur qui que ce soit.
Maître Simeoni a utilisé la phraséologie de l’état français et du clan pour qualifier des hommes de la résistance : seule, l’Histoire de la Corse nous dira si les membres du commando étaient des lâches et qui doit être frappé d’indignité !

Lettre ouverte au Ministre de la justice

Madame la Ministre et Garde des Sceaux,
« Cuscenza Viva » soutient des prisonniers politiques corses condamnés à de lourdes peines pour s’être engagé au nom de la liberté de leur pays. Lors de votre récente venue sur notre terre, vous avez déclaré être soucieuse de la prise en compte de considérations à caractère humanitaire afin de ne pas pénaliser davantage des familles déjà durement touchées. En affirmant qu’aucune demande de rapprochement n’était à ce jour enregistrée par vos services, vous avez apporté la confirmation du fossé qui ne cesse de se creuser entre la volonté de traiter politiquement ce dossier des prisonniers politiques et celle d’une logique répressive qui s’inscrit dans une histoire longue de plus de deux siècles. En effet les patriotes corses incarcérés en France ne cessent de réclamer leur transfert en Corse et notamment au centre pénitentiaire de Casabianda en ce qui concerne ceux directement soutenus par Cuscenza Viva, Alain Ferrandi, José Versini, Martin Ottaviani et Philippe Fabri. Rien ne s’oppose à une telle requête, surtout lorsque l’on sait que le centre de Casabianda a accueilli dans un passé récent un détenu continental lourdement condamné pour une grave affaire de mœurs largement médiatisée, avec de surcroît une peine de sûreté.
Madame la Ministre, nous vous demandons par cette lettre ouverte, dans un souci de transparence vis-à-vis de l’opinion publique, de traiter dans les meilleurs délais le transfert à Casabianda des prisonniers politiques corses condamnés à de longues peines. Lors de la tenue du conseil des ministres, nous attendons une réponse claire et ferme sur cette question fondamentale dont la portée politique n’échappe à personne au moment où la recherche d’une solution politique en Corse est plus que jamais une priorité.
Nous vous prions d’accepter, Madame la Ministre, l’expression de nos sentiments corses les plus affirmés en espérant que vos racines méditerranéennes favoriseront la compréhension de souffrances que d’autres terres ont connues avant leur accession à l’indépendance

Communiqué transmis le 29 août 2006

Douze mois après la tentative d’assassinat perpétrée sur les personnes d’Alain FERRANDI et Philippe FABRI dans l’enceinte de la centrale de Clairvaux, les lenteurs de l’administration judiciaire n’ont toujours pas permis de répondre aux interrogations que nous avons formulées lors de notre conférence de presse du 29 avril.
Cependant, la création de notre comité de soutien, auquel ont spontanément adhéré des centaines de personnes, a permis de sensibiliser les élus de la Collectivité territoriale. Ainsi, l’Assemblée de Corse a-t-elle voté à l’unanimité une motion demandant au Gouvernement et au Ministère de la justice que toute la lumière soit rapidement faite sur cette agression.
Ces nombreux soutiens démontrent, s’il était nécessaire, que pour combattre l’injustice notre peuple est capable de retrouver ses valeurs ancestrales de solidarité et d’entraide.
Dans l’attente de l’élucidation de l’affaire qui nous préoccupe, il appartient aux autorités judiciaires de prendre la seule décision qui s’impose pour garantir la sécurité d’Alain Ferrandi et Philippe Fabri : leur rapprochement, dans les plus brefs délais, au centre pénitentiaire de Casabianda qui a vocation d’accueillir des détenus purgeant des longues peines.
Nous demandons à tous les Corses de soutenir cette légitime revendication. A cet effet, un site internet a été créé ; vous pouvez exprimer votre solidarité et vous inscrire en ligne sur www.cuscenza-viva.net.
Suite aux évènements tragiques de Corte, nous saluons la mémoire d’Antone Schinto et de Stefanu Amati et accompagnons les familles dans le deuil cruel qui les frappe.

Cunferenza di stampa, sabatu, u 29 d’aprile di u 2006.

Cumitatu di sustegnu Alanu FERRANDI


Léon FABRI, Emmanuelle LE BALER-FERRANDI, Jean-Marc RODRIGUEZ,
Thierry CASANOVA, François FERRANDI, Marceau SIMEONI
Ajaccio, hôtel Impérial, le 29 avril 2006.


Nous avons décidé de constituer un Comité de soutien pour Alain FERRANDI et Philippe FABRI car nous estimons que les autorités pénitentiaires et judiciaires ne sont pas en mesure d’observer, en ce qui les concerne, le principe même des droits de l’homme.

Condamnés pour des faits qu’ils ont assumés; la privation de liberté est la seule sanction légale qui devrait leur être appliquée. Or, il est évident que la sécurité, la reconnaissance juridique et le respect des personnes incarcérées ne sont pas assurés par les services de l’état.

L’agression dont Alain FERRANDI et Philippe FABRI ont été victimes, le 7 août 2005, nous interpelle sur plusieurs points    :

Comment, au sein d’une Centrale sécuritaire comme celle de Clairvaux, un détenu particulièrement surveillé a-t-il pu être agressé sauvagement pendant plusieurs minutes sans qu’aucun surveillant ne soit intervenu ?

Pourquoi la version de l’agression donnée immédiatement aux medias par un personnel surveillant est-elle délibérément erronée et fait-elle mention d’une rixe entre détenus sur fond de « caïdat » alors que l’administration considérait Alain et Philippe comme des prisonniers modèles ?

Pourquoi, huit mois après l’agression, le dossier n’avait-t-il pas avancé ? Seule la parution d’un article dans la revue Corsica a provoqué l’audition des victimes !

Pourquoi les deux premiers juges ont-t-ils été dessaisis de l’affaire ?
Fort heureusement le juge actuel semble décidé à instruire enfin le dossier !

Quelle est la situation carcérale des agresseurs, est-il vrai que deux d’entre eux ont bénéficié de permissions de sortie pour les fêtes de fin d’année et que l’un des deux n’a pas réintégré sa prison ?

Enfin, dernière interrogation et pas la moindre : comment des pièces à conviction de l’agression ont-elles pu être manipulées ou disparaître?
(Aucune fouille immédiate dans les cellules des agresseurs présumés ; ouverture prématurée du scellé contenant une des armes de l’agression ; dissimulation de l’existence d’une caméra susceptible d’avoir filmé les faits !)

Il est bon de rappeler, qu’après les premières constatations des faits, Madame
la procureur de Troyes a très clairement qualifié l’agression de « tentative
d’assassinat » ! Alain FERRANDI doit tout simplement la vie à la présence de
Philippe FABRI sur les lieux du drame.
Cette considération nous conforte dans l’idée que le regroupement des prisonniers politiques est, à l’heure actuelle, le moyen le plus efficace pour garantir leur sécurité.

Le traitement judiciaire de ce dossier démontre la volonté, à peine dissimulée, de l’Etat français d’abandonner les deux victimes de l’agression dans un état permanent d’insécurité et de doute.
Les conditions anormales du suivi post-opératoire d’Alain FERRANDI attestent de la mauvaise volonté de la pénitentiaire à assurer les soins psychologiques, névralgiques et bucco-dentaires indispensables.

Au-delà du non-respect de l’intégrité morale et physique d’Alain FERRANDI et de Philippe FABRI nous nous interrogeons sur :

  • les risques que l’impunité peut entraîner sur leur sécurité au sein d’un
    établissement pénitentiaire ;
  • de la volonté de l’institution judiciaire à vouloir traiter de façon équitable un
    dossier concernant un condamné à perpétuité pour l’assassinat d’un préfet ;
  • et enfin, sur l’indépendance de la justice par rapport au pouvoir exécutif.

Nous avons décidé d’alerter les instances les plus hautes pour que la lumière soit faite autour de ce grave évènement :

Tout d’abord l’Observatoire International des Prisons.

Ensuite, la Collectivité Territoriale de Corse en la personne du Président de l’Assemblée et des Présidents de groupes ;

Enfin, la Commission Nationale de Déontologie de la Sécurité, conformément à la loi N°2000-494 portant sur le respect de la déontologie par les personnes exerçant des activités de sécurité sur le territoire de la République.

L’état de délabrement de l’administration pénitentiaire, dénoncé dans un premier temps par le Docteur VASSEUR, a provoqué dès 1999 une enquête parlementaire.
Faisant suite à un premier rapport alarmant de l’Assemblée nationale, le rapport du Sénat était intitulé sans ambiguïté: « Prisons, une humiliation pour la France » et se terminait par ces termes : « Il y a urgence, il y a urgence depuis deux cents ans ». Ces deux rapports datent de l’an 2000…Force est de constater, aujourd’hui, qu’ils sont restés lettres mortes.
En 2005, « l’appel des 200 » n’a trouvé aucun écho et les récentes accusations du Commissaire européen Gil Robles viennent confirmer les usages d’un autre âge en vigueur dans les prisons françaises.

Le Ministère de la Justice victime de ses errements surannés a montré, dans plusieurs affaires récentes, son incohérence et ses dérives ; l’agression, dont Alain Ferrandi et Philippe Fabri ont été victimes, confirme son fonctionnement léonin et démontre les lacunes de l’administration pénitentiaire et la honte de la prison républicaine.

L’administration française bafoue ses propres lois en maintenant les prisonniers politiques corses à des centaines de kilomètres de leurs lieux de résidence, appliquant ainsi la double peine aux détenus et à leurs familles.
La demande de « rapprochement des prisonniers » est devenu un réel levier de chantage de la part de l’état français et a été suivi de peu d’effets. Pour être efficace, il faut que cette requête devienne une injonction portée par l’ensemble de la classe politique obligeant la justice française à appliquer tout simplement ses propres lois en mettant la France en conformité avec ses principes…

Nous appelons tous les hommes et les femmes de bonne volonté épris de justice et d’humanisme à rejoindre le Comité de soutien d’Alain FERRANDI et de Philippe FABRI.

Que vaut la peau d'Alain FERRANDI ?

Alors que le chef du commando Erignac condamné à perpétuité a failli être tué en août 2005 par des codétenus, ses agresseurs qui ont été identifiés, n’avaient toujours pas été inculpés à la mi-février. L’un d’entre eux bénéficiant même d’une permission de sortie. Par GILLES MILLET

Les insulaires parfois avec une certaine paranoïa, voire paradoxalement une certaine fierté, se plaignent souvent de n’être pas traités comme des Français comme les autres. Un sentiment devenant exacerbé quand il touche ceux d’entre eux qui, pour leur malheur, sont incarcérés. Et, là encore, le sentiment d’injustice s’accentue lorsque le détenu est emprisonné pour des raisons qu’il juge ou que la justice considère comme « politiques ». Dès lors, tout ce qui lui arrive, à commencer par son éloignement de l’île, de sa famille et de ses amis est presque perçu comme un complot. En tout cas, le signe qu’on le sous-traite, qu’on le maltraite. S’il lui arrive malheur, les choses s’empirent et on va jusqu’à affirmer que l’Etat est « complice », voire initiateur du funeste projet. C’est ce qu’ont fini par penser certains amis d’Alain Ferrandi après la tentative de meurtre dont il a été victime cet été. Il faut dire que, jusqu’à présent, la justice a tout fait pour les amener à cette conclusion.
En effet, alors que les faits ont eu lieu il y a sept mois, ses agresseurs n’ont toujours pas été inculpés ; c’était encore le cas au moment du bouclage de notre magazine. Et pis, l’un d’entre eux a bénéficié d’une permission de sortie alors qu’il n’était libérable qu’en 2009 et n’a pas regagné sa prison.
Ordinairement, la justice dans des affaires de moindre gravité (trafics, tentatives d’évasion, etc.) se montre moins conciliante et plus expéditive. A moins que la peau d’un détenu « politique » corse ne vaille plus grand-chose. Surtout s’il a été condamné pour l’assassinat d’un préfet…
Les évènements remontent donc au 7 août 2005 ; Ce jour-là, vers 10 heures, Alain Ferrandi est dans la cour de promenade du bâtiment B de la centrale de Clairvaux, en compagnie de Philippe Fabri, incarcéré dans l’affaire Defenzo. Au moins quatre autres détenus du même bâtiment dont deux Corses appartenant à une bande qui apparemment a décidé de « tenir » la prison, sont là. Plus tôt que d’habitude puisqu’ils sont arrivés vers 9h 30 « pour faire du sport ». C’est sans doute pour cela que certains d’entre eux ont demandé des boules de pétanque.
Leur présence à cette heure-là et leur demande n’ont pas inquiété les surveillants. Pourtant la veille, un incident a opposé un membre de la même bande à une équipe rivale. Tout cela parce que les deux chefs ont un vieux contentieux. L’homme qui s’était moqué d’un autre détenu a été rossé et son agresseur puni puisqu’il a été jeté au mitard (cellule de punition). Le 7 août, ses amis, tous des détenus de droit commun lourdement condamnés (l’un d’entre eux n’est libérable qu’en 2015, les autres en 2009), veulent se venger. De leurs adversaires ? Non, de celui qui a tenté, depuis plusieurs jours, d’intervenir dans le conflit, en jouant les conciliateurs : Alain Ferrandi.
C’est vers lui que se dirige l’un des membres de la bande avant de le frapper. Aussitôt Ferrandi riposte et l’homme tombe à terre. Ses amis interviennent immédiatement : Ferrandi est ceinturé et, tandis qu’un détenu lui tient les jambes et l’autre les bras, un troisième lui assène des coups de boules sur la tête à l’aide d’une chaussette dans laquelle il en a glissé une ou deux. La scène a lieu dans un coin « mort » de la cour de promenade afin de tenter d’échapper aux regards des surveillants qui se trouvent dans le mirador. Dans le même temps, Philippe Fabri évite un autre coup, la chaussette échappant des mains de son agresseur et une boule roule sur le sol.
Les secours arrivent et Ferrandi est immédiatement transféré, d’abord à l’hôpital de Troyes, puis à celui de Reims où il sera opéré et sauvé par les médecins du service de neurochirurgie. Il a fallu « traiter » plusieurs fractures et traumatismes faciaux et crâniens qui lui auraient coûté la vie si l’opération n’avait pas été aussi rapide et efficace. Il sera finalement conduit, le 9 août, à l’hôpital pénitentiaire de Fresnes.
Ses quatre agresseurs dont le chef de bande et son « adjoint », immédiatement identifiés par les surveillants, sont, quant à eux, baluchonnés aux quatre coins de la France, dans d’autres prisons. Une enquête de « flagrance » sera déclenchée le 12 août par le parquet de Troyes et confiée à la gendarmerie de Bar-sur-Aube qui entendra les victimes, leurs agresseurs présumés, des codétenus et le personnel pénitentiaire. Les auditions confirmeront les faits et les agresseurs seront définitivement identifiés par Ferrandi, Fabri, les surveillants présents ce jour-là, et même un codétenu. Les personnes impliquées, elles, n’ont évidemment rien vu, ni entendu…
Le 16 août, le procureur de Troyes demande l’ouverture d’une information qui est confiée à un premier magistrat, puis à un deuxième n’agissant qu’en « remplacement », en attendant la nomination d’un troisième qui n’était pas faite à la mi-février…
Ferrandi, lui, s’est constitué partie civile et a confié ses intérêts, sur place, au bâtonnier de Troyes et, en Corse, à Me Frédérique Campana du barreau d’Ajaccio.
Problème : depuis l’ouverture de l’information, aucune instruction n’a été menée (c’était encore le cas fin février) et donc aucune inculpation n’a été prononcée. Ce qui explique qu’il y a quelques semaines, l’un de ses agresseurs ait pu bénéficier d’une permission de sortie. Ce qui démontre que la justice fait peu de cas de la vie d’un détenu politique corse et accrédite les convictions de certains proches de Ferrandi qui accusent l’administration pénitentiaire d’avoir voulu « le laisser tuer ».
CORSICA – mars 2006

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