CUSCENZA VIVA


Cumitatu di Sustegnu



Juillet 2003

Alain Ferrandi a été condamné, en juillet 2003, par la Cour d’Assises spéciale à la réclusion à perpétuité pour complicité dans l’assassinat du Préfet Erignac.
Il n’a pas fait appel de son jugement.
Au mois de septembre 2003, il a été transféré à la Centrale de Clairvaux ; ce centre de détention, reconnu pour être un des plus sécurisés de France, convenait, selon la Chancellerie, à son statut de D.P.S.- Ministériel : Détenu Particulièrement Surveillé.
Il est à noter, que depuis son incarcération en mai 1999, l’intéressé a toujours été bien noté par la pénitentiaire qui le considère comme un détenu modèle.

Août 2005

Le 7 août 2005, au cours de la promenade du matin, Alain Ferrandi a été victime d’une agression commise par plusieurs détenus ; il a été frappé à coups de boules de pétanque par quatre personnes tandis que trois autres individus s’efforçaient de contrôler la cour de promenade. Philippe Fabri qui l’accompagnait et qui a tenté de s’interposer a, lui aussi, était violemment neutralisé et blessé.

Cette agression qualifiée de « tentative d’assassinat » par le Procureur, a été d’une férocité inouïe : Alain Ferrandi a subi un enfoncement de la boite crânienne, une compression par hématome d’une partie du cerveau, de multiples contusions sur la face et cinq dents cassées.

Il a perdu rapidement connaissance et a été évacué sur l’hôpital de Reims où il a été opéré d’urgence dans des conditions jugées satisfaisantes ; ses conditions d’hospitalisation au CHU de Reims et ensuite à l’hôpital de Fresnes ont été, en revanche, fort pénibles.

Sa convalescence s’est effectuée en centrale dans des circonstances extrêmement difficiles et peu compatibles avec son état de santé qui le fait souffrir encore aujourd’hui : dents cassées non soignées, insensibilité de l’épiderme facial entre l’aile gauche du nez et la commissure des lèvres, fortes névralgies, problèmes de mémoire et de concentration.

Quelques jours après l’agression, Alain Ferrandi a souhaité porter plainte contre ses agresseurs et contre l’Administration pénitentiaire.

Un avocat a été commis par les membres de sa famille et, dans le même temps, une enquête a été diligentée par l’Inspection Générale du Ministère de la Justice ; l’expert nommé par le Procureur a évalué la nature des coups et blessures infligés au détenu et a validé la thèse de la tentative d’assassinat.

Février 2006

Depuis l'agression d'Alain et Philippe, leurs familles, leurs proches et leurs amis se sont mobilisés pour les soutenir. Un comité essaye de se structurer.

Mars 2006

Le mensuel CORSICA, sous la plume de Gilles Millet, publie un article intéressant concernant l'agression de Clairvaux: Que vaut la peau d'Alain FERRANDI?

Avril 2006

Conférence de presse annonçant la création du Comité de soutien.Cunferenza di stampa.

Mai 2006

Au lendemain de la conférence de presse, et conformément à ce qui avait été annoncé, un courrier est envoyé à tous les Présidents de groupes de l’Assemblée de Corse; ce courrier demandait à toute la représentation politique corse d’intervenir auprès du gouvernement et notamment auprès du Ministre de la justice afin que toute la lumière soit faite sur la tentative d’assassinat sur les personnes d’Alain Ferrandi et Philippe Fabri.

Juin 2006

Suite à notre demande, la Collectivité territoriale de Corse vote à l’unanimité la motion N°2006/E3/021 :
COLLECTIVITE TERRITORIALE DE CORSE
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ASSEMBLEE DE CORSE
3ème SESSION EXTRAORDINAIRE DE 2006 29 ET 30 JUIN 2006
N° 2006/E3/021
MOTION
AVEC DEMANDE
D’EXAMEN PRIORITAIRE
- DEPOSEE PAR : M. JEAN BIANCUCCI AU NOM DU GROUPE « UNIONE
NAZIUNALE »
- OBJET : TENTATIVE D’ASSASSINAT SUR LES PERSONNES DE
MM. ALAIN FERRANDI ET PHILIPPE FABRI
__________________________________________________________________________
CONSIDERANT les graves évènements du 7 août 2005 et notamment la
tentative d’assassinat dont Messieurs Alain Ferrandi et Philippe Fabri ont été victimes ;
CONSIDERANT que depuis cette date,aucune évolution significative n’a été observée dans ce dossier ;
CONSIDERANT l’état de santé inquiétant d’Alain Ferrandi très marqué physiquement et psychologiquement ;
L’ASSEMBLEE DE CORSE
DEMANDE
au Gouvernement et au Ministre de la Justice que toute la lumière soit rapidement faite sur cette affaire,et qu’à l’avenir des mesures efficaces soient prises afin qu’une telle situation ne se reproduise plus.

Septembre 2006

Alanu FERRANDI et Filippu FABRI ont reçu un avis favorable de la part des autorités pénitentiaires de la Centrale de Poissy à leur demande de rapprochement pour le centre de Casabianda. Nous sommes bien sûr dans l'attente de la réponse définitive. L'administration judiciaire devrait rendre sa décision au mois d'octobre.

L'état français s'obstine !

Avec le retard dû au dépit, et non à l'abattement, nous signalons les réponses défavorables à la demande de rapprochement d'Alain et Philippe. La lutte continue! Plus que jamais les patriotes résistants ont besoin de notre soutien.

Soirée de soutien du 4 mai 2007

Cuscenza Viva a organisé,le 4 mai, au cinéma Empire d'Ajaccio une soirée de soutien à tous les prisonniers politiques. Au programme,les trois groupes ARAPA, ALTA VOCE et l'ARCUSGI; la salle aurait dû être comble.

Nous reproduisons, ci-dessous, le texte de l'intervention de Cuscenza Viva lue par Ghjuvan'Marcu RODRIGUEZ:
En août 2005, Alain FERRANDI et Philippe FABRI ont subi une agression terrible au sein de la prison de Clairvaux. Depuis cette tentative d’assassinat, ils sont les symboles de l’injustice qui peut être faîte aux enfants de la Corse.
En avril 2006, devant les atermoiements de la justice française, nous avons décidé de créer le comité de soutien « Cuscenza Viva » qui est représenté par des hommes et des femmes de tous horizons qui ne veulent que la justice mais toute la justice :
la justice pour l’élucidation rapide de cette tentative d’assassinat ;

la justice pour la simple application des lois françaises en ce qui concerne les lieux de détention des prisonniers ; la justice enfin pour que notre lutte soit reconnue comme politique et que nos combattants obtiennent un statut digne de leur engagement.
Cuscenza viva s’est ouvert par la suite à d’autres prisonniers et notre Comité a essayé d’amener une réflexion nouvelle au sein de la mouvance nationale. Notre engagement est sans équivoque, nous ne sommes en concurrence avec personne. Nous sommes des nationaux de différentes sensibilités, des nationaux libres.
Pour participer à la nécessaire refondation du mouvement national, nous avons immédiatement intégré la Cunsulta naziunale puis la plateforme Resistenza initiée par la Coordination du Fium’orbu.
En relation avec les associations et les syndicats, notre participation se veut constructive dans une dynamique commune qui doit fixer de véritables axes de lutte politique et de nouvelles formes de combats sociaux. Resistenza doit activer des contre-pouvoirs actifs sur le terrain en dehors des clivages et intérêts partisans et ne doit surtout pas devenir un vecteur électoral, source de divisions. N’est-il pas plus cohérent de concentrer nos énergies et notre volonté pour faire reculer la précarité ou se réapproprier notre terre de Cavallo, par exemple ?
Présentons un front uni et imaginatif autour d’un projet de société cohérent et respectueux de notre identité.
Cette entreprise menée avec tous les nationaux doit nous amener, à terme, à l’émancipation de tous les Corses.
Cette logique d’union et cette solidarité doivent être répercutées à tous les niveaux, y compris en milieu carcéral ; tous les prisonniers politiques ont des droits, droit à notre respect militant, droit à notre soutien inconditionnel sous toutes ses formes.
Mais, pour que l’enfer des prisons ne soit pas pavé que de bonnes intentions, les prisonniers politiques ont aussi des devoirs les uns envers les autres, quel que soit leur bord, quels que soient leurs états d’âme. Le comportement de chacun peut avoir des effets aussi inattendus que pervers.
Ce qui peut passer pour un soutien, aussi minime soit-il, aux agresseurs d’Alain Ferrandi et Philippe Fabri pourrait faire croire que ces derniers sont isolés et pourrait donc mettre, à nouveau, leurs vies en danger.
Je voudrais en terminer par l’actualité.
Puisque nous avons pris la mauvaise habitude de vivre au rythme des échéances électorales françaises, je tiens à vous signaler que ce mois de mai est fertile en évènements et anniversaires, les Français et autres francisés sont appelés à choisir leur président. Ils devront choisir entre deux candidats, soutenus en Corse, par les clans qui, depuis toujours, déchirent notre pays pour mieux se le partager.
Les clans de ceux qui se délectent de la politique ultra sécuritaire et des propos anti-corses de leurs candidats. Nous l’avons encore vu ce week-end à Porto Vecchio.
Je voudrais leur dire à tous ceux-là que, nous aussi, nous faisons partie d’un clan :
nous sommes du côté de ceux qui ont donné leur vie au Querciolu, à Ajaccio, à Aix en Provence, à Corte ou à Solaro ;
nous sommes du côté de ceux, quels qu’ils soient, qui sont tombés sous des balles ennemies et pourtant fraternelles ;
nous sommes du côté de ceux qui ont malheureusement décidé de partir parce qu’ils avaient perdu la confiance et l’espoir de voir un jour la Corse libre ;
nous sommes du côté de ceux qui ont sacrifié leur liberté pour un idéal ;
nous sommes enfin du côté de ceux qui naissent aujourd’hui alors que l’avenir est sombre.


Alors, pour le passé glorieux des uns, pour le présent carcéral inhumain des autres et pour dégager l’horizon de nos enfants, je voulais vous demander ce soir de redonner l’espoir à ce peuple, à notre peuple.

Dans la nuit du 4 au 5 mai 1976, une nuit de feu annonçait le début de la lutte et la création du Front de Libération Nationale Corse.
Cette nuit, exactement trente et un ans après, solidaires et unis, nous aurions pu montrer que la résistance est toujours en place. J’aurais souhaité que cette nuit soit une nouvelle nuit de feu, une nuit bleue de fraternité.
Nous aurions pu faire front pour redonner espoir aux prisonniers, à leurs familles et au peuple Corse.

Evviva a lotta !
Libertà !

Réponse au Ministre de la Justice

Rachida Dati affirme que ses services lui ont signalé qu'aucune demande de rapprochement n'était en cours;Cuscenza Viva répond par communiqué:

« La visite de la Ministre de la Justice s’inscrit dans la longue liste des déplacements à grand spectacle à l’usage des médias français. Sa déclaration affirmant qu’aucun prisonnier politique n’a à ce jour formulé la demande d’un rapprochement en Corse sonne comme une nouvelle provocation : dans quelle bulle vit le gouvernement pour ignorer l’importance et le caractère prioritaire de cette revendication soutenue par une large partie du peuple corse et de ses représentants élus ? Au-delà des promesses lointaines reportées à la fin du mandat présidentiel, le centre pénitentiaire de Casabianda demeure interdit aux patriotes corses et réservé le plus souvent à des individus étrangers à notre île impliqués dans des affaires de mœurs. Plus que jamais l’urgence est à une solution politique intégrant le sort de nos prisonniers, tout particulièrement ceux dont le sacrifice se traduit par de longues peines. »

Lettre ouverte à l'occasion du Conseil des ministres français

Madame la Ministre et Garde des Sceaux,
« Cuscenza Viva » soutient des prisonniers politiques corses condamnés à de lourdes peines pour s’être engagé au nom de la liberté de leur pays. Lors de votre récente venue sur notre terre, vous avez déclaré être soucieuse de la prise en compte de considérations à caractère humanitaire afin de ne pas pénaliser davantage des familles déjà durement touchées. En affirmant qu’aucune demande de rapprochement n’était à ce jour enregistrée par vos services, vous avez apporté la confirmation du fossé qui ne cesse de se creuser entre la volonté de traiter politiquement ce dossier des prisonniers politiques et celle d’une logique répressive qui s’inscrit dans une histoire longue de plus de deux siècles. En effet les patriotes corses incarcérés en France ne cessent de réclamer leur transfert en Corse et notamment au centre pénitentiaire de Casabianda en ce qui concerne ceux directement soutenus par Cuscenza Viva, Alain Ferrandi, José Versini, Martin Ottaviani et Philippe Fabri. Rien ne s’oppose à une telle requête, surtout lorsque l’on sait que le centre de Casabianda a accueilli dans un passé récent un détenu continental lourdement condamné pour une grave affaire de mœurs largement médiatisée, avec de surcroît une peine de sûreté.
Madame la Ministre, nous vous demandons par cette lettre ouverte, dans un souci de transparence vis-à-vis de l’opinion publique, de traiter dans les meilleurs délais le transfert à Casabianda des prisonniers politiques corses condamnés à de longues peines. Lors de la tenue du conseil des ministres, nous attendons une réponse claire et ferme sur cette question fondamentale dont la portée politique n’échappe à personne au moment où la recherche d’une solution politique en Corse est plus que jamais une priorité.
Nous vous prions d’accepter, Madame la Ministre, l’expression de nos sentiments corses les plus affirmés en espérant que vos racines méditerranéennes favoriseront la compréhension de souffrances que d’autres terres ont connues avant leur accession à l’indépendance

Réaction aux propos tenus par Maître Gilles Simeoni lors du procès Yvan Colonna

« CUSCENZA VIVA » communique et vous prie d’insérer :

Que pouvions nous espérer du procès d’Yvan Colonna ? Que pouvions-nous attendre d’un procès instruit à charge dès le début par des juges d’exception, un procès mené et conclu par des magistrats d’exception d’une cour d’assises spéciale ?

Comment prouver l’innocence d’Yvan Colonna dans un tel contexte ?
Car Yvan Colonna est innocent ! Plus encore que toutes les déductions et plaidoiries de ses avocats au cours des débats, les déclarations de maître Gilles Simeoni, à l’issue de ce procès très médiatisé, le prouvent.
Les propos tenus par maître Simeoni au sujet des membres du commando Erignac et de leurs actes sont suffisamment probants ; ses sentences, si elles sont validées par son client, témoignent si besoin était qu’il existe une réelle fracture idéologique entre Yvan Colonna et les auteurs de l’assassinat du Préfet Erignac. Cette réalité tangible atteste qu’il ne peut y avoir de connivence entre ces hommes.

Un homme innocent condamné est un martyr. Pour convaincre les magistrats était-il nécessaire de calomnier ceux qui ont commis un acte dans le cadre de la lutte de libération nationale ? En assumant cet acte, les membres du commando ont toujours affirmé qu’ils avaient pris pour cible le plus haut représentant de l’état en tant que symbole de la présence coloniale française.

Tous les observateurs ont souligné la dignité qui a prévalu lors de la tenue des débats.
A la fin de sa plaidoirie, Maître Simeoni a négligé cette dignité ; il a chargé de tous les pêchés des hommes qui ont reconnu leurs responsabilités dès le début de cette affaire et qui ont été lourdement sanctionnés par cette même justice d’exception.
Ainsi, il condamne l’acte et les auteurs sans discernement.

Maître Simeoni, aidé par les medias, a interprété arbitrairement les déclarations et les attitudes des témoins à la barre et fait jouer un rôle peu glorieux aux membres du commando et à leurs épouses.
Ses déclarations sont parfaitement injustes et surtout indécentes.
Comment a-t-il pu occulter les conséquences humaines induites par cet évènement, comment a-t-il pu oublier les personnes et les familles durement touchées par ce drame ?

Les assertions de l’avocat sont d’autant plus irréelles, qu’il entame une carrière politique comme le prouve sa récente candidature aux élections législatives. Dans un contexte difficile, où seule l’unité du mouvement national dûment affirmée par la volonté du peuple corse peut nous faire sortir de l’impasse politique et de la violence qu’elle engendre, il est étonnant de constater qu’un des acteurs de ce même mouvement s’ingénie à souffler sur les braises de la discorde.

Pour notre part, nous continuerons à œuvrer pour qu’un jour, tous les prisonniers politiques, sans exception, soient accueillis en hommes libres dans leur pays enfin libéré.
Pour ce faire, nous n’avons nul besoin de jeter l’opprobre sur qui que ce soit.
Maître Simeoni a utilisé la phraséologie de l’état français et du clan pour qualifier des hommes de la résistance : seule, l’Histoire de la Corse nous dira si les membres du commando étaient des lâches et qui doit être frappé d’indignité !

Riposa in pace, o Pè !

Cuscenza Viva salue la mémoire de Petru Sinoncelli, militant exemplaire de la première heure; tous ceux qui ont croisé sa route ont été frappés par sa fougue et sa volonté d'oeuvrer pour une Corse libre; tant dans les structures politiques qu'au sein de son Association "I naziunali", il a toujours fait montre d'un grand patriotisme. Nous nous associons à la douleur de sa famille et des ses amis.

Accolta di sustegnu u 21 di maghju in Aiacciu

Le procès des quatre militants du RINNOVU est caractéristique de la politique répressive de l’état français. En s’acharnant uniquement sur des patriotes corses, les dirigeants veulent masquer les dérives de la société qu’ils ont mis en place sur notre terre : passe-droit pour les nantis (affaire Seguela), impunité pour les services de l’état (dossier Tchernobyl), etc.
Ce procès et celui contre les organisateurs de la manifestation du 12 janvier permettent d’occulter d’une part le succès de cette mobilisation et d’autre part les demandes des familles en ce qui concerne le rapprochement des prisonniers. A ce sujet, on nous oppose simplement le fait que la maison d’arrêt de Borgo n’a actuellement aucune possibilité d’accueil ; nous rappelons que le centre pénitentiaire de Casabianda remplit toutes les conditions pour recevoir des détenus purgeant de longues peines.
Nous demandons aux militants de CUSCENZA VIVA et au-delà à tous les patriotes sincères de participer au rassemblement de soutien devant le palais de justice d’Ajaccio, ce mercredi à 14 heures.

  ©  Associu Cuscenza Viva